Sylvia hanschneckenbühl
Label : Non signé
Pop Rock Folk
Fr. Paris
Sylvia Hanschneckenbühl est une jeune femme, plus femme que jeune d’ailleurs. Une vraie, qui ne minaude pas, ne mord pas non plus, et pense à jamais qu’il vaut mieux avancer seule qu’accompagnée d’un groupe mal taillé.
Un être de chair et de sang donc, tout en émotions rentrées et motivations butées.
Vingt-huit ans que ça dure : de sa Moselle natale, dont un violent croche-pied du Velvet la catapulta dès douze ans vers l’Underground viscéral, à l’inaltérable besoin de traduire en chansons chaque margelle du chemin…
On pourrait évoquer les étapes passées, ses thérapies de groupes précédentes (Little Fury, Junkyard, La Féline). On pourrait aussi lui délimiter un joli petit enclos carré, bordé en ses quatre faces par les Breeders, Blondie, Kristin Hersh et Nico. On pourrait… Mais ce serait habiller inutilement son droit souverain à la nudité, si joliment traduit et assumé par ce premier album solitaire.
A peine maquillée par un ingénieur du son fraternel et deux copains batteurs, voici donc Sylvia. Sylvia par Sylvia : adepte du do it yourself non par dépit ou entrave introspective, mais parce que rien ne lui va mieux au teint que l’absence d’artifices et de couleurs criardes. La distinction de ses mélodies en filigranes ne saurait s’accommoder d’une surenchère d’effets aussi vaine que feinte. Au feu le factice ! Et les douze présents titres le prouvent : on peut ne pas croire au Père Noël et néanmoins en délivrer tous les cadeaux…
Composer, arranger, mixer, assurer toutes les parties de basse et de guitare, et chanter bien sûr : Sylvia est partout et, de fait, ne doit cet album qu’à elle-même. De sa voix posée et amène, elle en relève les discrets pétillements, la douce luminosité. Sucrées sans vous agresser le palais, laconiques malgré une vraie densité sensorielle, ses miniatures pop et cinglantes, Welcome to a New Town ou Nicely Stupid en tête, oscillent entre une pugnacité volontiers nerveuse et une mélancolie sans amarres trop crûment identifiées. Du coup, on aime s’y accrocher ou y dériver, s’y perdre en somme…
Jean-Luc Manet